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Archive for Июль, 2008

Adolescence

Posted by psycho on 29th Июль 2008

Adolescence

L’adolescence est cette période de la vie qui succède à l’enfance et s’étend jusqu’à l’âge adulte. Son début est marqué par la puberté, mais l’apparition de ce phénomène biologique n’est que le commencement d’un processus continu et plus général (évolution pubérale) sur le double plan somatique et psychique et qui va se poursuivre pendant plusieurs années jusqu’à la formation complète de l’adulte.

On peut fixer le début de l’adolescence chez la jeune fille vers l’âge de 12 ans (premières règles) et sa fin au moment de la nubilité (18 ans) ; pour le garçon, elle se situe de 14 à 20 ans. Ces limites varient, du reste, dans une certaine mesure suivant les climats, les races et surtout les milieux sociaux qui peuvent imposer des adaptations à la vie, précoces ou retardées.

L’étude de l’adolescence a suscité, depuis la fin du dernier siècle, de nombreux travaux, les uns de pure psychologie, les autres de biotypologie et d’endocrinologie, d’autres enfin sur les troubles névrosiques et caractériels, si fréquents à cet âge, susceptibles d’engager l’avenir mental et social du sujet ; certaines psychoses vraies et évolutives se font jour enfin souvent à cette période (v. les mots «Puberté», «Biotypologie», «Caractériels», «Névroses infantiles»).

I L’évolution psychologique de l’adolescent. - L’adolescence a suscité, sur le plan psychologique, des travaux intéressants parmi lesquels il convient de citer à l’étranger : BURNHAM, STANLEY HALL (1905) et en France: MENDOUSSE et Maurice DE-BESSE.

On a donné le nom d’hébélogie à ces études sur l’adolescence. On a dit que si l’enfance représentait l’aube candide unie et simple, l’adolescence pouvait être considérée comme 1′ «aurore de l’homme», avec ses couleurs violentes, éclatantes et changeantes.

L’adolescence représente, en effet, un mouvement évolutif en continuel développement et en transformations incessantes, ce qui rend difficile son étude statique. Mais on peut du moins indiquer les grandes caractéristiques et les principales perspectives de cette évolution.

Les élans du cœur et de l’esprit, qui se font parallèlement à celui du corps, vont rompre l’équilibre que l’enfant avait atteint vers l’âge de 12 ans, en sortant de son égocentrisme, en acquérant le sens de l’entr’aide, de la charité, et en intériorisant certaines règles morales (PIAGET). C’est « l’âge ingrat » ; cet apprenti de la vie qu’est l’adolescent va s’élancer .parfois avec impétuosité, souvent avec des réactions excessives et maladroites. Il procédera par négations ou affirmations, de caractère exclusif, mais qui ne sont contradictoires qu’en apparence et n’ont pas toujours la stérilité qu’on leur prête. On a souligné que la négation était prédominante entre 12 et 16 ans; et l’affirmation entre 16 et 25, âge des convictions ardentes et des enthousiasmes.

DEBESSE a classé ces sujets en deux catégories principales : ceux qu’il appelle les «rectilignes», d’esprit positif, hommes d’action, souvent conformistes, et d’une personnalité peu affirmée; l’exagération de ce type est «l’amorphe»; et ceux qu’il appelle les «révolutionnaires» où se recrutent les pionniers, les artistes et qui fournissent aussi les révoltés et les ratés.

On peut envisager, sous 3 aspects principaux, les prises de conscience et de position que va effectuer l’adolescent.

1° L’adolescent découvre son «moi», prend conscience du monde extérieur et se différencie de ceux qui l’entourent. Cette révélation se fait soit brusquement, à la suite d’un incident (hasard, lecture, éclair du premier amour), soit progressivement avec l’aide bienveillante de l’entourage familial. La contemplation du moi peut provoquer l’étalement d’un certain « narcissisme ». Un sentiment de perplexité accompagne cette découverte, pousse l’adolescent à s’étudier dans la solitude; en même temps naît aussi le désir ardent de l’amour d’autrui qui l’aiderait à se comprendre nombre de journaux intimes témoignent de cette perplexité et de ces inquiétudes; parfois, ce sont des évasions dans des rêveries imaginaires, ou des révoltes contre ce qui est admis autour de lui (famille, école, religion, société, etc.). DEHESSE a souligné la «crise d’originalité juvénile» qui s’extériorise sous forme d’excentricité dans les propos, le costume, le comportement; un coefficient collectif vient souvent s’ajouter à ces manifestations: bandes, clubs privés, codes secrets, etc.

Il y a là un tournant dangereux à surveiller si l’on ne veut pas que l’adolescent glisse dans un autisme qui le conduirait à la schizoïdie.

2° L’adolescent va faire aussi la découverte des valeurs esthétiques, morales et religieuses. Les Allemands ont beaucoup insisté sur ce fait que la jeunesse était l’âge des valeurs; le vrai, le beau, le bien, le religieux, constituent pour eux les 4 points cardinaux de la conscience.

Confiant   dans   sa   supériorité   intellectuelle, l’adolescent devient un dialecticien, un raisonneur redoutable ; il procède par affirmation catégorique, par sophisme déductif rigoureux, sans aucun sens des contingences et des relativités ; tout imprimé fait loi. La soif de l’absolu le pousse à la critique ou au dénigrement systématique et souvent sarcastique du conformisme et des traditions reçues. D’autres fois, c’est un refuge dans le mysticisme, une conversion inattendue. C’est à cet âge aussi que la jeunesse s’enthousiasme pour des systèmes philosophiques en vogue et de grandes idéologies politiques ou sociales qui peuvent le conduire jusqu’au sacrifice de sa vie. Son sens esthétique mal éclairé et sa sensibilité exaspérée le conduisent souvent à un romantisme primaire de «carte postale», comme on l’a appelé.

3° Mais un besoin profond de sortir de lui-même finit par se manifester et le pousse à rechercher des appuis, des sympathies, des intimités et l’oriente vers l’amitié et l’amour. C’est le stade que l’on a appelé «stade de la délivrance du moi». C’est l’âge des grandes passions, des amours aveugles comme aussi des aversions et des haines excessives. Les amitiés de cet âge, contrairement à celles de l’enfance, sont sélectives, ombrageuses, exclusives; c’est l’âge des attachements profonds et durables (MONTAIGNE et LA BOETIE). Les amitiés de collège peuvent se faire sur un plan d’équivalence au point de vue de l’âge, mais s’exercent souvent sur un camarade plus jeune, procurant une possibilité et une satisfaction d’affirmation; parfois aussi l’adolescent voue à un adulte (un professeur en général), un véritable culte admiratif; ces amitiés particulières, parties d’un bel élan, peuvent parfois présenter des dangers et devenir équivoques.

Quant à (’amour, il est soustendu par l’éveil physiologique à la vie génitale, phénomène d’un puissant dynamisme à cette époque. La sexualité est à double racine, l’une génitale, l’autre sentimentale, qu’il est toujours vain et dangereux de vouloir dissocier. Bien des maladresses commises par des parents qui ne veulent pas comprendre cet impératif; l’éducation sexuelle des adolescents reste le problème le plus important au point de pratique et doit être faite en toute clarté. Il faut lui ôter l’attrait du mystère dont on l’entourait autrefois et qui était la source de curiosités malsaines et de bien de déviations. Il faut savoir se montrer  indulgent et compréhensif pour les accidents pouvant survenir à cette période. Dans cet amour des adolescents, il faut voir surtout un élan, une oblativité, un besoin d’aimer, plus encore qu’un besoin d’être aimé. Le jeune homme affirme parfois brutalement sa passion, tandis que la jeune fille se replie dans la pudeur et joue les coquettes. Le mariage reste  la formule logique et idéale pour tous ces élans de la sexualité. Mais les conditions de la vie contemporaine le rendent souvent malaise à cet âge.

II Les manifestations psychopathologiques de l’adolescence. - La maturation psychologique de l’adolescent doit aboutir, en fine de compte, à une transformation de sa vie affective et intellectuelle en vue de son adaptation sociale.

On conçoit qu’il puisse exister une adolescence pathologique chez les jeunes êtres qui n’auront pu bénéficier d’une évolution affective ou caractérielle normale, notamment du fait de conditions sociales ou familiales défavorables. Les carences affectives (v. ce mot) ou Autorité (v. ce mot) sont, dans un grand nombre de cas, responsables de l’existence du comportement, inquiétant pour leur avenir, de ceux que l’on appelle de noms différents selon les lieux ou les temps, «tricheurs» en France, «hooligans» en U.R.S.S., par exemple (v. aussi «Délinquance juvénile»).

Cette adaptation comporte souvent des faux pas, des ratés, parfois même des échecs qui se traduiront par des désordres plus ou moins importants (névroses d’échec). Certains de ces accidents sont bénins, transitoires, réversibles; d’autres, plus sérieux, imposeront une structure anormale ou pathologique à la personnalité.

a) Accidents mineurs. - Les troubles du comportement sont fréquents à cet âge et ils ne sont que la traduction et l’exagération de l’évolution psychologique étudiée plus haut.

On rencontre fréquemment des modifications de l’humeur, une tristesse anormale avec accès de larmes, morosité, - « états de langueur » des anciens auteurs - tendance à l’isolement et au repli, états de rêverie avec aspirations vagues traduisant des dispositions à l’introversion, des élans mystiques ou des explosions sentimentales inattendues; d’autres fois, ce sont des caprices, des exigences, des bouderies inexplicables en apparence, ou au contraire, une timidité, une pudeur excessives avec troubles vaso-moteurs, rougeurs soudaines de la face et, parfois, véritable éreutophobie. D’autres fois, au contraire, ce sont des manifestations de révolte, ouverte ou passive, qui sont au premier plan: fugues brèves, insolences, paresse scolaire. Chez les extravertis, on notera des tendances à l’agressivité: espiègleries, farces, turbulence, entreprises inconsidérées, révolte familiale, besoin d’indépendance, de « vivre sa vie », fugues, équipées de jeunes « Robinsons », etc. Parfois, s’ajoute à cette agitation une véritable malignité perverse quand existent des anomalies caractérielles (v. «Caractériels»). Ces réactions peuvent atteindre la délinquance: violences, prostitution, fugues graves, et surtout vol (vol de compensation affective notamment) (v. le mot «Délinquance juvénile»).

Une place importante doit être faite aux manifestations hystériques de tous ordres, à certaines fabulations de la mythomanie, simplement vaniteuse ou perverse (v.«Mythomanie», «Hystérie»).

Cette époque voit aussi s’affirmer les tendances aux phobies et aux obsessions de toute nature, aux scrupules qui oscillent le plus souvent entre le pôle sexuel et le pôle religieux.

Des complexes psychosomatiques peuvent s’installer: troubles digestifs, troubles circulatoires (tachycardie, hypotension), avec tendance hypocondriaque. L’anorexie mentale est une des formes les plus représentatives de ces désordres mixtes (v. ce mot).

b) Accidents majeurs et psychoses. - Toutes les tares mentales et toutes les dispositions psychopathiques constitutionnelles se font jour ouvertement à cette époque de la vie. La plupart sont sans relation directe avec le phénomène biologique de la puberté; elles ne trouvent là qu’un moment propice à leur éclosion.

a -  La psychose périodique présente généralement à cet âge ses premiers accès caractéristiques. Ils sont souvent rythmés chez la jeune fille par la période menstruelle; ils sont en général de courte durée et souvent embrumés de confusion et d’anxiété dans les premiers jours; ils peuvent parfois être les signes avant-coureurs d’une démence précoce (v. « Maniaque dépressive»).

b - Les bouffées délirantes sont fréquentes à cette période de la vie, de signification et de  pronostic très divers; quelques-unes accidentelles, d’autres véritables crises schizomaniaques peuvent faire pressentir la schizophrénie (v. "Bouffées délirantes»,«schizomanie»).

c - On sait que l’adolescence est le moment d’élection du début de la schizophrénie; ses prodromes et ses manifestations, souvent fort discrètes, sont puisés dans la série des accidents mineurs décrits plus haut: tendances à l’isolement, à la rêverie, à la bouderie, fugues, manifestations hystériformes, etc. La signification de ces petits désordres peut être longtemps méconnue. Aussi ne saurait-on trop insister sur les réserves qui s’imposent devant des manifestations en apparence bénignes et la recherche des éléments caractéristiques de la schizophrénie (autisme, perte de contact vital avec la réalité) doit être poursuivie avec soin (v. «schizophrénie»).

d) Des états déficitaires et démentiels plus graves peuvent s’installer à une cadence variable et sous des influences diverses: état abiotrophiques  et dégénératifs, séquelles de pyrexies de l’enfance, poussées d’encéphalites mineures, etc. Ils revêtent tous les aspects de la démence précoce (v. «Démence précoce»).

Rappelons enfin qu’il existe une paralysie générale juvénile ordinairement riche en signes neurologiques.

A. et M. POROT.

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Admission

Posted by psycho on 28th Июль 2008

Admission

On entend par ce mot les conditions qui régissent le placement d’un malade dans un hôpital psychiatrique ou tout autre service s’occupant de malades mentaux.

Lorsqu’il s’agit d’un internement, les règles imposées par la loi du 30 juin 1838 sont exposées à l’article consacré à cette loi (v. «Loi du 30 juin 1838»).

Dans certains grands hôpitaux psychiatriques comme le Centre psychiatrique Sainte-Anne à Paris, et d’autres en province, il existe même un pavillon spécial qui porte ce nom d’"Admission" où le malade restera quelques jours ou quelques semaines pour une première étude et d’où il pourra être dirigé sur d’autres pavillons suivant la catégorie mentale à laquelle il appartient.

Mais, depuis un certain nombre d’années, depuis surtout que les anciens asiles ont été débaptisés pour prendre le nom d’hôpitaux psychiatriques, on s’est appliqué à «humaniser» ces établissements pour leur enlever le caractère de relégation qui les marquait trop souvent: c’est ainsi que se sont développées des thérapeutiques occupationnelles pour le travail individuel ou collectif, des distractions de groupe: théâtre, musique, journal de l’établissement, etc.).

C’est dans cet esprit qu’en France ont été créés des services d’accueil pour les malades entrant, dans lesquels des infirmières et des assistantes sociales spécialisées s’appliquent à réaliser un climat plaisant.

SIVADON, en particulier (A.M.P., avril 1958, n° 4, p. 723), s’est attaché à ce problème. Il a fait remarquer que l’admission d’un malade mental à l’hôpital est, pour lui, un véritable traumatisme affectif, qui peut, s’il est négligé, retarder ou même compromettre l’efficacité du traitement. «II faut, dit-il, considérer cet événement dans une perspective psychothérapique pour lui enlever l’essentiel de sa nocivité et même pour lui conférer la valeur d’une opportunité supplémentaire d’action curatrice.»

A. P.

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Admninistrateur provisoire légal

Posted by psycho on 28th Июль 2008

Administrateur provisoire légal

(Cf. art. 31 de la loi du 30 juin 1838.)

Les Commissions administratives ou de surveillance des hospices ou établissements publics d’aliénés délèguent à un de leurs membres I’ADMINISTRATION DES BIENS des malades non-interdits en Coopération avec le receveur de l’Etablissement qui a, seul, qualité pour le « maniement des deniers ». Le rôle de l’Administrateur est de:

1) se renseigner sur la situation matérielle de ses administrés ;

2) prendre toutes  mesures conservatoires et faire les actes ayant un caractère d’urgence.

F.RAMEE.

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Administrateur provisoire judiciaire

Posted by psycho on 28th Июль 2008

Administrateur provisoire judiciaire

(Cf. art. 32-34-35 de la loi du 30 juin 1838.)

C’est un ADMINISTRATEUR donné, sur demande expresse, par jugement du Tribunal, à un malade interné dans un établissement public ou privé.

La demande peut en être formulée par le conjoint ou les parents de l’aliéné, par la Commission de Surveillance, par le Ministère public et, vraisemblablement, par le malade lui-même, bien que la loi ne le précise pas.

Le rôle et les pouvoirs de l’administrateur judiciaire sont les mêmes que ceux de l’administrateur légal (v. ce mot).

F. RAMEE.

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Addison (Maladie d’)

Posted by psycho on 28th Июль 2008

Addison (Maladie d’)

La maladie d’Addison se caractérise, on le sait, par un état d’asthénie neuromusculaire particulier auquel s’ajoutent une hypotension artérielle sérieuse et des troubles de la pigmentation. L’insuffisance surrénale qui en est le désordre physiologique fondamental ajoute souvent à ces signes objectifs un état de dépression psychique plus ou moins accentué : fatigabilité intellectuelle, affaiblissement du pouvoir d’attention et troubles de l’affectivité dans le sens mélancolique.

Mais il a été décrit aussi de véritables psychoses addisonniennes avec état confusionnel et onirisme, plus ou moins animé (KLIPPEL, BELTRAMI, LAIGNEL-LAVASTINE, I.ERI, SERGENT, NAUDASCHER, TARGOWLA, A. POROT et GHIRLANDA).

Ces psychoses, souvent subaiguës, peuvent parfois prendre une allure particulièrement violente sous forme d’un délire agité terminal ; elles constituent alors la larme, psychopathique de l’encéphalopathie aiguë, surrénalienne, connue depuis SERGENT et qui se place à côté des formes méningitiques, convulsives, abdominales.

Les psychoses subaiguës et même quelques formes aiguës peuvent avoir une allure oscillante en rapport étroit avec les améliorations thérapeutiques que l’on peut obtenir.

Tous ces états, en effet, réagissent très bien, au moins pour un temps, au traitement particulier de cette déficience surrénale (rechloruration, cortines de synthèse et aujourd’hui cortisone). STOI.L a récemment insisté sur la nécessité de prendre en considération l’élément psychique de la maladie d’Addison et de la traiter pour son propre compte conjointement avec le traitement somatique.

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Adaptation, Adaptivité

Posted by psycho on 28th Июль 2008

Adaptation, Adaptivité

Ensemble des réactions par lesquelles un individu modifie sa structure ou son comportement pour répondre harmonieusement aux conditions d’un milieu déterminé ou d’une expérience nouvelle

La faculté d’adaptation 0ou adaptivité définit l’être vivant et le distingue de la matière inanimée

En pathologie générale, la notion d’adaptation prend une grande importance à la suite, notamment, des travaux de SELYE : le jeu des réactions de désadaptation et d’adaptation déclenchées par une variation biologique et spécialement par une agression brusque et menaçante («stress»), forme la base de nombreux syndromes pathologiques, en particulier de la « réaction d’alarme ». Lorsque la disproportion est trop grande entre l’intensité de l’agression et les possibilités d’adaptation, le sujet peut être frappé de sidération ou avoir des réactions complètement désordonnées : c’est la « réaction catastrophique » de GOLDSTEIN.

En psychiatrie, on envisage surtout l’adaptation sous son aspect social, qui est complexe et met en jeu, suivant les cas, des instances fort diverses.

L’adaptation est rapide et efficace chez le sujet syntone, lente, capricieuse et incomplète chez le schizoïde.

Toute anomalie mentale se traduit par une déroute partielle ou totale de l’adaptation sociale; la chose est particulièrement évidente au cours des premières années de la vie, si bien que l’expression d’« enfants inadaptés » (R. LAFON) est couramment utilisée  pour désigern tous les jeunes sujets présentant des troubles du comportement ou des retards intellectuels. À cet âge, c’est surtout l’adaptation familiale et scolaire qui représente pierre de touche du caractère et de la constitution; plus tard, l’épreuve du service militaire est un repère non moins précieux.

Le pouvoir d’adaptation qu’un sujet possède (ou ce qu’il en garde au cours d’une maladie chronique) guide, en grande partie, la thérapeutique psychiatrique ; à chacun on doit assurer le meilleur usage de ses possibilités en lui donnant des conditions de vie auxquelles il puisse s’adapter : ces conditions doivent être constamment ajustées aux progrès accomplis au cours de traitement, jusqu’à se rapprocher de celles de la vie normale. Ce principe sert de fondement à la rééducation des enfants inadaptés, à l’organisation du travail, des occupations et de la thérapeutique de groupe dans les hôpitaux psychiatriques, à l’action exercée sur le milieu dans tous les cas.

L’adaptivité varie avec les dispositions individuelles et selon l’état de santé mentale, elle est également en rapport avec les facteurs sociaux et éthiques. La psychologie des émigrés, des transplantés, des convertis, l’évolution des peuples qui modifient rapidement leurs modes de civilisation, les conditions nées de la guerre ou des grands mouvements sociaux posent à cet égard de nombreux et délicats problèmes.

J.-M. SUTTEB.

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Activité générale

Posted by psycho on 28th Июль 2008

Activité générale

On comprend sous ce nom l’ensemble des manifestations psychomotrices d’un sujet, considérées surtout dans leur puissance, dans leur cadence, dans leur efficience.

a) Puissance. - Le potentiel dynamique varie avec les individus (sujets dits hypersthéniques ou hyposthéniques, v. ces mots). Chez le même sujet, on peut assister à des variations de potentiel, qui vont de la passivité à la stupeur, de l’exubérance à l’agitation.

b) Cadence. - Les troubles d’exagération ou de ralentissement de cadence peuvent être   intermittents, périodiques comme dans la manie et la mélancolie ; successifs comme dans les états circulaires ou cyclothymiques, ou intriqués comme dans certains étals mixtes (v. ces mots).

c) Efficience. - II faut toujours prendre en considération le degré d’efficience de l’activité générale qui doit être ordonnée, adaptée à une fin, ajustée à un but. Certaines activités perdent toute valeur pragmatique, sont désordonnées ou dispersées, parfois même incohérentes (agitation des enfants, excitation maniaque,  turbulence sénile).

Citons aussi l’activité du schizophrène qui a perdu le contact avec la réalité et prend une allure manifestement discordante.

Celle de la paralysie générale au début, souvent augmentée, se stigmatise par son incongruence, ses entreprises inconsidérées et son manque de logique.

L’activité générale peut prendre parfois un caractère d’opposition manifeste (négativisme).

Il n’est guère d’affection mentale évolutive qui ne s’accompagne de variations quantitatives ou de viciations qualitatives de l’activité générale.

A. P.

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Action extérieure (Syndrome d’)

Posted by psycho on 28th Июль 2008

Action extérieure (Symlrome d’)

H. CLAUDE a décrit en 1924 et précisé  dans son enseignement magistral en qu’il appelle le syndrome d’action extérieure.

Il s’agit de « toute cette symptomatologie profondément intégrée dans la personnalité » qui s’observe dans le groupe des psychopathies délirantes et qui peut être rangée sous l’étiquette d’automatisme mental parce qu’elle est constituée de troubles sensitifs, sensoriels, ou psychomoteurs, mais dans laquelle les malades ont le sentiment qu’on agit sur eux de différentes manières, avec « une imprécision qui se caractérise par le pronom on ». Dans de tels états psychopathiques, il semble que « toutes les manifestations soient mises en œuvre pour la germination d’idées dont l’origine peut être lointaine, enfermées même dans le subconscient ou qui peuvent être le produit d’une rumination mentale ».

Couvrant en somme l’organisation des éléments symptomatiques que GUIRAUD décrit de son côté comme des phénomènes xénopathiques, le syndrome d’action extérieure d’H. CLAUDE représenterait un mode fondamental de la pensée morbide, irréductible en principe aux données hallucinatoires ou au déficit des fonctions logiques : il exprimerait tout ce que, parmi les phénomènes parasites dont le sujet est conscient mais qu’il ne peut reconnaître comme lui étant propres, il attribue à une intervention étrangère.

H. CLAUDE distingue d’ailleurs explicitement ce syndrome d’une part des hallucinations vraies qui, pour lui, seraient rares, avec leurs caractères d’extériorisation spatiale et de manifestation sensorielle (liés le plus souvent à des lésions organiques cérébrales), et, d’autre part, de l’automatisme mental tel que le conçoit CLERAM-BAULT et qui répond à « une tout autre interprétation des faits », étant primitivement donné comme anidéique, neutre, sans lien avec la personnalité antérieure du sujet, présentant les apparences d’un accident fortuit (intervention dans la discussion des rapports sur l’automatisme mental au Congrès des Médecins aliénistes et neurologiques, Blois, 1927).

Le syndrome d’action extérieure se rencontre principalement comme élément d’organisation dans les idées et les délires d’influence (v. « Influence ») plus ou moins systématisés et progressifs. Il suit la distribution nosologique de ces idées délirantes. Il peut contracter des relations à titre accessoire aussi avec certains délires oniriques et oniroïdes comme y fait allusion H. EY.

Ch. BARDENAT.

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Actes morbides, Délire des actes

Posted by psycho on 27th Июль 2008

Actes morbides, Délire des actes

L’étude des actes chez l’aliéné est de la plus haute importance. C’est un des meilleurs éléments du diagnostic et c’est parfois le seul que le médecin ait à sa disposition chez certains réticents qui se dérobent à l’interrogatoire. Bien plus, il est toute une série de sujets, anormaux du caractère ou des sentiments, sans altération de l’intelligence proprement dite, qui ne trahissent le désordre de leur esprit que par leur conduite et leurs actes («délire des actes» de BRIERRE DE BOISMONT).

Un acte insolite ou délictueux peut être la première manifestation d’un désordre mental chez un sujet qui n’avait pas encore attiré l’attention sur lui.

L’appréciation portée sur un acte n’a de valeur qu’autant qu’on le rapporte aux antécédents du sujet, à sa conduite antérieure, à son milieu d’existence, à son éducation, toutes conditions qui peuvent en augmenter ou en atténuer la signification. On notera avec soin: 1° !es circonstances dans lesquelles a été commis l’acte suspect, les mobiles possibles, la disproportion entre la cause apparente et l’effet; 2° les caractères intrinsèques de l’acte: degré de conscience, absurdité, spontanéité, impulsivité, mimique et paroles d’accompagnement.

On pourra ainsi remonter à la cause morbide de l’acte insolite : déséquilibre simple, hallucinations, mouvements affectifs, affaiblissement intellectuel, idées délirantes diverses, etc.

Ant. POHOT.

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Acromégalie

Posted by psycho on 27th Июль 2008

Acromégalie

Le syndrome décrit par P. MARIE en 1885 sous le nom d’acromégalie est un véritable gigantisme de l’adulte débutant entre 20 et 30 ans et caractérisé essentiellement par un développement osseux excessif des extrémités (mains, pieds) et des os de la face (maxillaire inférieur, nez, sinus frontaux i. Il est dû presque toujours à une tumeur bénigne de l’hypophyse (adénome avec élargissement de la selle turcique apparente à la radiographie.

Il peut être accompagné d’autres symptômes de la série hypophysaire (v. «Hypophyse»).

Ce syndrome morphologique peut être escorté de quelques modifications psychiques: asthénie, légère apathie et troubles de l’humeur. Parfois aussi ce ralentissement de l’activité avec perturbations possibles de l’humeur a permis à P. GUIRAUD de les intégrer dans ses syndromes hormo-thymiques (v. ce mot).

PAILLAS et ses collaborateurs ont récemment  (pour 1956) décrit à propos de trois cas personnels un syndrome acromégalique associé à un,e épilepsie du type cliencéphalique ou du type focal.

A. P.

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