Manuel de psychiatrie

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Archive for Август, 2008

Athymhormie

Posted by psycho on 29th Август 2008

Athymhormie

Nom donné par DIDE et GUIRAUD à un déficit fondamental de l’élan vital, de l’intérêt, de l’affectivité, issus directement de l’activité du système hormothymique (v. ce mot).

On admet aujourd’hui que les centres neurovégétatifs sous-corticaux recueillent d’une part toutes les impressions endogènes fournies par l’activité de notre organisme et l’état de nos muscles et, d’autre part, apportent à l’activité mentale un excitant continuel de présence et de fonctionnement du corps qui a pour résultat de fournir à notre psychisme l’élan et l’intérêt.

Cette conception rejoint celle de MONA-KOW et MOURGUE sur la hormé.

Ant. POROT.

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Ataraxie

Posted by psycho on 29th Август 2008

Ataraxie

Etat d’une personne que rien n’émeut (LAROUSSE). L’ataraxie représentait, dans certaines morales antiques, l’état auquel devait parvenir le sage. Sans confondre cet état avec l’indifférence affective, nous en faisons plutôt aujourd’hui un synonyme de tranquillité ou d’impassibilité et l’opposons à l’hyperémotivité, l’anxiété, l’instabilité, l’impulsivité. On n’emploie d’ailleurs guère le terme que sous sa forme adjective pour désigner diverses médications réputées ataraxiques ou tranquillisantes, dénominations d’ailleurs mal justifiées (GAYHAL, rapport au Congrès de Lyon, 1957) dans la plupart des cas, car elle ne répond pas d’un effet pharmacodynamique spécifique.

Ch.Bardenat.

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Asymbolies

Posted by psycho on 29th Август 2008

Asymbolies

(V. «Agnosies».)

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Asthénie

Posted by psycho on 29th Август 2008

Asthénie

Manque de force. Ce terme désigne, dans le plan physique, des états de fatigue, de lassitude; dans le plan psychique, des états de fatigabilité intellectuelle. Parmi les premiers, il faut surtout citer les neurasthénies (v. ce mot) et les syndromes d’insuffisance surrénale; ensuite la myasthénie, les convalescences de grippe, de multiples infections ou intoxications, les états d’épuisement, les avitaminoses pellagroïdes, etc.

L’asthénie psychique peut se rencontrer dans les mêmes états et également au début de certaines affections mentales: démence sénile, neurosyphilis, schizophrénie, mélancolie, états subconfusionnels, sidération émotive, hypocondrie, etc.

A côté de cet aspect biologique de l’asthénie il faut étudier les asthénies névrotiques (psychasthénie surtout, v. ce mot), et psychosomatiques liées à une baisse de tension psychologique (P. JANET), à un épuisement émotionnel (DEJERINE), une dépense excessive d’énergie psychique résultant d’un refoulement instinctuel (FREUD) ou de frustrations répétées (FENICHEL). Les deux derniers points de vue, soutenus par l’école psychanalytique, ne s’opposent pas à une conception dite organiciste si l’on veut bien considérer la tension affective et aussi d’ailleurs l’émotion, comme un «stress» capable d’engendrer cet état d’épuisement étudié dans le syndrome général d’adaptation (AUBIN, 1951; J. DELAY, 1952).

Signalons enfin que le terme d’asthénie est souvent employé dans les laboratoires de psychologie dans le sens de «non-activité» de la caractérologie (v. ce mot).

Le traitement dépend évidemment de la cause; classiquement, on utilise les arsenicaux et la strychnine (à employer tous deux avec précaution chez les anxieux), les préparations phosphorées. Plus récemment on a recommandé les extraits surrénaliens et les hormones correspondantes, l’acide nicotinique, le calcium (dont il ne faut pas prolonger l’usage trop longtemps), divers sympathicomimétiques (dont il faut surveiller la toxicité); on utilise aussi 1′«orthédrine », la « pervitine », le «maxiton» dont on a signalé les abus et qui peuvent entraîner une véritable toxicomanie. Aujourd’hui on s’adresse beaucoup aux vitamines: acide ascorbique (vitascorbol), vitamines B 12, etc. (v. «Etats dépressifs»).

H. AUBIN.

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Association des idées

Posted by psycho on 29th Август 2008

Association des idées

Phénomène psychologique par lequel une idée occupant le champ de la conscience en le automatiquement une ou plusieurs autres.

C’est par une extension abusive de la ‘ion d’association des idées que l’on applique parfois ce terme à des  modes d’évocation ne présentant aucun caractère ; automatisme, ce qui conduit à une conception «associationniste» de toute l’activité mentale (HUME et les empiristes anglais).

Chez le schizophrène, elles amènent dans le discours des idées sans connexion apparente avec le motif principal de la phrase, donnant une impression de «pensée abrupte», de bizarrerie souvent impénétrable; elles sont également sujettes à de brusques interruptions, réalisant alors le phénomène caractéristique du «blocage». BLEULER considérait cette atteinte de la ‘onction d’association des idées comme l’un des symptômes cardinaux de la schizophrénie.

Le plus souvent, le trouble de l’association des idées apparaît comme secondaire à d’autres altérations psychiques: il en est ainsi dans certains délires à forte charge affective où elles sont polarisées par l’état passionnel, aboutissant à des interprétations pathologiques systématiques: les faits les plus insignifiants ramènent alors, dans le champ de la conscience, le thème délirant essentiel et lui sont aussitôt incorporés. Dans les états maniaques, s’observe la fuite des idées: ici, la défaillance du contrôle psycho-affectif général laisse apparaître l’automatisme des associations, leur formation par contiguïté ou par ressemblance, caractères normaux des phénomènes associatifs, mais qui, habituellement, sont freinés ou disciplinés par les instances supérieures du psychisme.

Les associations d’idées sont largement utilisées pour l’exploration de l’inconscient v. ce mot), dont elles subissent manifestement l’influence.

J.-M. SUTTER.

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Assistance psychiatrique

Posted by psycho on 29th Август 2008

Assistance psychiatrique

Ensemble des mesures prises pour soigner les malades mentaux et leur venir en aide au point de vue social.

En France, l’assistance psychiatrique est en perpétuelle évolution. Jusqu’en 1838, il n’existait aucune réglementation d’ensemble. Des dispositions légales, plus ou moins appliquées, ne visaient qu’à un seul but: assurer la tranquillité et la sécurité publiques.

Quelques établissements, la plupart religieux, recevaient les aliénés, mais trop souvent les mesures de contention étaient considérées comme le meilleur moyen, sinon pour guérir, du moins pour rendre inofensif un aliéné.

C’est à PINEL que revient le mérite d’avoir, le premier en France - au début du XIXe siècle - entrepris la lutte contre ces traitements barbares et «délivré les aliénés de leurs chaînes».

Enfin, le 30 juin 1838 lut promulguée la loi qui, toujours en vigueur, fixa le régime légal des aliénés.

1° Elle provoquait la création d’établissements spécialement destinés à les recevoir et précisait les dispositions financières qui en rendraient possible le fonctionnement.

2° Elle prescrivait les mesures protectrices de la liberté individuelle.

3° Elle déterminait la condition juridique des aliénés internés.

Ainsi devaient être assurées: 1° la sécurité publique; 2° l’assistance médicale; 3° la protection de la liberté individuelle et des biens des internés.

Dès 1870, des tentatives de réformes avaient cherché à modifier la loi. Depuis, jusqu’à nos jours, de très nombreuses propositions ont été présentées au Parlement sans succès (projets STRAUSS, DUBIEF, etc.). Et la loi de 1838 est toujours debout. Cependant, l’évolution des doctrines psychiatriques d’une part, les progrès de la thérapeutique d’autre part exigent de nouvelles formules, une organisation nouvelle. La loi organique de 1838 demeure, mais on s’efforce de l’aménager et de créer des possibilités de traitement qu’elle n’a pas prévues.

Signalons que des Colonies de placement familial avaient été organisées en certains pays dont la plus célèbre, celle de GHEEL, en Belgique, date de plusieurs siècles et renferme actuellement plus de 3.000 aliénés, placés chez des nourriciers. En France, le département de la Seine avait créé, pour les aliénés tranquilles, des Colonies familiales dans le département du Cher.

L’ancien régime ne prévoyait que l’assistance aux malades justiciables de l’internement.

De nombreux sujets atteints de névroses ou au début d’une psychose se trouvaient dans l’impossibilité d’être traités; des services de médecine générale ou de neurologie les éliminaient; eux-mêmes ou leurs familles répugnaient à l’internement avant que les troubles soient devenus graves ou aient provoqué des réactions antisociales. Pourtant, quelques hôpitaux généraux importants dans les grandes villes possédaient de petits services de délirants aigus, réduits souvent à quelques cellules d’isolement (service du Pr Gilbert BA.LLET, à l’Hôtel-Dieu, à Paris ; service du Pr REGIS, à l’hôpital Saint-André, à Bordeaux).

En 1911, le D’ Ant. POROT fait construire à l’Hôpital civil français de Tunis, dont il était médecin, un service libre de psychiatrie. En France, c’est au Dr TOULOUSE que nous devons la création du premier «service ouvert» à l’hôpital Henri-Rousselle, dans l’enceinte de l’hôpital Sainte-Anne, à Paris.

Ce premier «service ouvert» naquit en 1922. Depuis, il connut plusieurs répliques en divers lieux et la circulaire ministérielle du 13 octobre 1937, relative à la réorganisation de l’Assistance psychiatrique, dans le cadre départemental, invitait les préfets à organiser des «services ouverts» dans leurs départements.

La conception médicale de la psychiatrie devait amener à créer aussi la prophylaxie des maladies mentales par l’organisation de Dispensaires d’Hygiène mentale et d’un Service social, chargés non seulement du dépistage, mais aussi de la surveillance en post-cure.

Parallèlement, l’assistance hospitalière subissait aussi une transformation: les asiles d’aliénés étaient baptisés hôpitaux psychiatriques, ce qui soulignait bien la révolution dans un sens plus médical et plus thérapeutique.

Nous voyons de nos jours s’introduire et se développer la notion de l’aliéné, «fait social».

Le malade psychique doit être traité rapidement pour ne pas être perdu pour la société, mais il ne faut pas oublier que l’internement va l’en séparer et risque de le désadapter. Il importe donc qu’il puisse trouver dans l’hôpital psychiatrique et du côté du personnel qui l’encadre, une organisation de vie sociale et collective qui lui rappelle les conditions et les obligations de la vie commune (organisation du travail des malades, distractions, etc.). Il importe aussi qu’à sa sortie, après guérison ou amélioration, il trouve à se replacer ou à se réadapter dans des conditions de vie familiale ou sociale en rapport avec ses nouvelles possibilités. C’est à quoi s’emploient des Comités de Patronage et un Service social, des Dispensaires d’Hygiène mentale en liaison avec tous les organismes utiles.

Une assistance psychiatrique ainsi conçue, aux rouages si nombreux et si variés pose, on le conçoit aisément, de très nombreux problèmes ; toute une série de dispositifs et d’organismes, bien articulés entre eux, doivent s’appliquer à les résoudre:

- le dispensaire chargé du dépistage, des consultations, des traitements ambulatoires, des conseils et du service social;

- le service ouvert doté de tous les moyens thérapeutiques, recevant les psychopathes légers et certains aigus graves, rapidement récupérables;

- l’hôpital psychiatrique qui doit être capable de mettre en action toutes les ressources de la thérapeutique médicale, mais qui, en plus, doit disposer de toute la gamme des possibilités psychothérapiques;

- enfin, le placement familial individuel ou sous forme de groupements en colonie (v. «Loi de 1838», «Services ouverts», «Hygiène mentale»).

On trouvera dans le «Recueil international de Législation sanitaire, publié par l’O. M. S. (n° 1, vol. 6) la législation sanitaire comparée dans les différents pays, sur  l’hospitalisation des malades mentaux (anal, in P. M., 18 août 1956, p. 1429).

La tendance actuelle de l’Assistance psychiatrique s’oriente vers l’organisation du « Secteur psychiatrique» groupant sous la direction d’un même psychiatre: les consultions de dépistage et de post-cure, les services d’hospitalisation, et de resocialisation.

Certains organismes de Sécurité sociale ont créé des centres de rééducation et de réadaptation sociale.

F. RAMEE.

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Asphyxie

Posted by psycho on 29th Август 2008

Asphyxie

(V. Anoxhémie.)

 

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Asomatognosie

Posted by psycho on 29th Август 2008

Asomatognosie

Ignorance ou perte de conscience de tout ou partie du corps, ainsi que de ses composantes spatiales. Quand il s’agit d’une moitié du corps, on dit qu’il y a hémiaso-matognosie (v. «Schéma corporel»).

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Art et Psychiatrie

Posted by psycho on 29th Август 2008

Art et Psychiatrie

Les rapports de l’art et de la psychiatrie étudiés jusqu’à ces dernières années sur le plan pittoresque et anecdotique tendent maintenant à être repensés d’une part en vue d’une compréhension profonde des mécanismes psychopathologiques et de leur traitement, d’autre part, dans un essai de compréhension de l’origine de l’art et de la signification de certaines œuvres.

Il est certain que ces méthodes, malgré l’effort conjugué d’un grand nombre de chercheurs (psychiatres, psychologues, pédagogues, critiques d’art, etc.) n’en sont encore qu’à leur début : les arts picturaux et en particulier le dessin constituent le champ d’investigations le plus étendu ; la musique, riche de promesses, n’a guère été exploitée (et très empiriquement) que par les rééducateurs de la psycho-motricité (à la recherche de rythmes favorables) et par les techniciens des thérapeutiques occupationnelles.

C’est la valeur et l’intuition de ces techniciens qui leur ont permis d’arriver parfois à des résultats remarquables. Nous n’englobons pas dans cet article la littérature ni les écrits intimes.

I. Origine et psychogenèse de la création artistique. - La préhistoire et l’art des peuplades sous-évoluées nous apportent une mine de documents précieux. Si l’on discute encore des conditions dans lesquelles ont pu naître les activités susceptibles d’être qualifiées d’artistiques, il est par contre universellement admis que ces activités se sont mises très tôt au service de représentations magiques (pour beaucoup c’est de ces représentations qu’elles sont nées) et qu’elles sont demeurées liées très fortement aussi bien dans les motifs dits décoratifs que dans les sculptures, gravures et peintures. Les correspondances (au sens baudelairien du terme) intuitivement senties entre d’une part les Matières, les Formes, les Rythmes, les Couleurs et d’autre part les Forces à capter ou à neutraliser, inspirent visiblement l’Homme qui veut chasser ou pêcher, abattre un ennemi, rendre ses compagnes fécondes, etc. Reste à montrer comment ces intuitions ont été guidées, quelle est la part de l’observation, de l’imitation, de l’identification, de l’émotion, du hasard; comment se sont formés les symboles, les mythes, au service de quels rites ils ont été utilisés et dans quel environnement; de quelle manière le sentiment esthétique pur a pu se dégager et comment il s’est renouvelé tout au long de l’Histoire. Autant de problèmes parmi bien d’autres qui doivent être médités si l’on veut comprendre l’évolution de l’art en général et plus particulièrement les rapports de la création artistique avec la psychopathologie.

L’homme, tout au long de son existence et les groupes humains tout au long de leur Histoire, se sentent sollicités par deux attitudes opposées: l’une conformiste, conservatrice, méfiante envers toute innovation, tend à maintenir et à organiser leur sécurité; l’autre, avide d’expressions nouvelles, tend vers le dépassement. L’intelligence et la raison dominent la première (analogue à l’Apollonienne de NIETZSCHE) tandis que la seconde (Dionysienne de NIETZSCHE) n’hésite pas, à l’occasion, à recourir aux illuminations de l’ivresse et du délire. Cette distinction, qui serait bien entendu à nuancer et à compléter, laisse apercevoir les conditions psychologiques qui président aux deux catégories d’artistes (les organisateurs, les créateurs) et aux catégories correspondantes d’amateurs. L’illumination du Créateur n’a d’ailleurs pas besoin d’un toxique ou d’une maladie pour se manifester. Le renouvellement recherché trouve des sources inépuisables dans tout ce qui l’écarté de la froide raison: le rêve, voie royale d’accès vers l’inconscient Freudien; les Mythes vivants, reflet de l’Inconscient collectif Jungien ; les émotions et les passions qui assurent la prééminence du Monde affectif, celui qui nous ramène à la magie de l’Enfance et du Primitif.

Il n’y aura donc pas de barrière entre les productions pathologiques et toutes celles qui puisent aux mêmes sources: le monde instinctivo-affectif, la pensée et les conduites magiques.

Il n’y en a pas non plus entre l’Apollonien qui se réclame de la raison et le Dionysien qui en rejette la servitude; le souci prévalent de sécurité pourra entraîner l’apollonien à des moyens de défense qui n’ont plus de la raison que l’apparence et qui deviennent rationalisme morbide, géométrisme, paralogisme, symbolisme froid, abstractions déréalisantes: c’est-à-dire Schizophrénie. Pour la psychogenèse voir aussi, plus loin, notre article «Dessin chez l’enfant».

II. L’Art pathologique. – Il a fait l’objet de nombreux travaux dont le plus important reste l’ouvrage de PRINZHORN (1922); signalons en France les études d’A. MARIE, REJA, VINCHON, FERDIERE et le très bel article de H. EY (sur la Psychiatrie devant le Surréalisme).

Les déments ne nous offrent en général que des productions absurdes et maladroites, des griffonnages désordonnés, parfois des figurations érotiques (surtout les P. G. au début). Il en est de même pour les arriérés avec cependant une note plus puérile ; toutefois, nous avons pu recueillir chez des débiles profonds de 10 ans (Q.I.=0,60) et de 8 ans (Q.I.=0,55) des productions remarquables par leur virtuosité; productions témoignant d’un extraordinaire décalage entre l’intelligence esthétique et le niveau intellectuel global; l’élément schizoïde de leur personnalité semblait expliquer leur passion du dessin et la polarisation de leur activité psychique vers ce seul domaine.

L’épileptique figure volontiers des scènes violentes ou mystiques. Mme MINKOWSKA oppose l’épileptoïde chez lequel prédomine le monde sensoriel (l’accent mis sur le concret, le mouvement, la couleur violente avec tendance à la concentration, à la condensation, à l’agglutination) au schizoïde chez lequel prédomine le monde abstrait, avec souci de décoration, de symbolisme et d’autre part, tendance à la dispersion, à la dissociation. VAN GOGH représenterait d’une manière caractéristique le premier type et SEURAT le second.

Si nous entrons dans la schizophrénie, aux tendances précitées, s’ajoutent la recherche de symétrie et d’équilibre, les stéréotypies, le maniérisme et surtout la multiplicité des encadrements et des détails dont la composition est littéralement bourrée (FERDIERE). L’exégèse de ces œuvres y montre les particularités de la pensée autistique avec ses recours habituels à la Magie.

Les dessins de paranoïaques reflètent, à l’occasion leur orgueil, le thème explicite ou symbolique de leurs revendications, de leurs rancunes, de leurs inventions morbides, etc.

Le processus hallucinatoire pourra s’exprimer par des images fantastiques, plus ou moins naïves, et maladroites, concrétisant plus volontiers des visions mystiques ou érotiques. L’usage des toxiques peut le provoquer expérimentalement, engendrant, en même temps, un certain type de désagrégation psychique étudiée, à propos du haschich par MOREAU de Tours; d’une manière plus courante, l’alcool vient stimuler un instant l’artiste impuissant pour le précipiter ensuite dans la stérilité définitive.

Les déprimés ne seront guère disposés à peindre ou dessiner, mais le maniaque aimera remplir les murs et les papiers dont il dispose de graffiti interminables et de dessins rapides où il projette son ironie, son excitation sexuelle, ses idées de grandeur.

Concluons cette brève revue par les aphorismes de H. EY: la folie ne produit pas d’œuvre d’art, elle n’est pas créatrice. Elle libère la matière esthétique, le noyau lyrique immanent à la nature humaine.

Elle peut cependant coexister avec certaines formes d’activité esthétique ou leur imprimer des caractères structuraux particuliers.

III. Les artistes psychopathes. - C’est de ces principes et de la formation des éléments dynamiques et structuraux de la personnalité qu’il faudra s’inspirer pour les étudier.

Rappelons l’étude classique de DUPRE sur la mélancolie de Hugo VAN DER GOES, la querelle célèbre sur la folie de GRECO ; les travaux de DOITEAU et LEROY, Fr. MINKOWSKA, JASPERS, W. REISE sur VAN GOGH. Proposons aux chercheurs l’énigme des vies mouvementées et des crimes de Benvenito CELLINI et du CARAVAGE, le délire terminal de GAUGUIN et de MERYON, la toxicomanie de MODIGLIANI, le cas de CARPEAUX, le suicide de GROS et de PASCIN, les traits de caractère de DAVID, DELACROIX, CEZANNE - pour ne point parler des vivants.

IV. - Art-thérapie. - Les dessins et travaux artistiques, spontanés ou demandés parles médecins, contribuent largement aux psychothérapies de l’enfant, en tant que moyen d’exploration du psychisme et en tant que moyen d’abréger les conflits mis à jour. C’est surtout chez l’enfant que cette technique a été employée.

Elle a été largement utilisée par le peintre anglais Adrian HILL comme thérapeutique occupationnelle et de réhabilitation dans les hôpitaux pendant la guerre de 1939-44 soit sous forme de bibliothèque circulante de tableaux, créant chez les malades et les infirmes un puissant centre d’intérêts et de dépassement, soit sous forme de création artistique libre ou guidée.

Dans les maladies mentales, l’art spontané représente habituellement une tentative personnelle de guérison, mais tentative souvent avortée ou insuffisante. Sous la direction d’un thérapeute averti, elle amène bien des malades à calmer leur anxiété et à se resocialiser, parfois à trouver une vocation libératrice. Elle peut transformer l’ambiance d’un service, aider à un meilleur contact avec le personnel, à de meilleures relations humaines entre malades (BIEBER et HERKIMER- BERGERON et VOLMAT).

Quant à la musique, utilisée par SEGUIN, dès 1840, pour la rééducation des idiots, assez largement intégrée dans l’activité des centres de rééducation, elle offre des ressources du même ordre que les arts picturaux, mais n’a pas encore été exploitée systématiquement chez les adultes.

Sous forme de chœurs et d’art chorégraphique, elle est une intéressante voie de réadaptation à une vie de groupe.

H. Aubin

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Artério-sclérose cérébrale

Posted by psycho on 29th Август 2008

Artério-sclérose cérébrale

L’artério-sclérose cérébrale a été longtemps confondue dans ses descriptions cliniques avec la démence sénile et les encéphaloses de la présénilité ; elle doit cependant en être nettement séparée. Elle peut apparaître précocement à partir de 40 ans, mais s’observe surtout après 60 ans.

L’étiologie n’a pas de caractères spécifiques; elle est celle de toutes les manifestations qui traduisent un trouble de l’appareil circulatoire. L’orientation actuelle des recherches semble se faire vers l’étude des perturbations des associations lipido-protéiniques (Bernard COIFFU, thèse, Paris, 1958).

Anatomie pathologique. - Les lésions peuvent intéresser les gros vaisseaux de la base et les artères de moyen calibre; les lésions atrésiques peuvent entraîner l’ischémie et des foyers de ramollissement de tout volume, parfois multiples. Mais à côté de ces lésions grossières, très apparentes, il faut prendre en considération surtout les lésions du système artériolaire pie-mérien dont les petits rameaux pénètrent dans le cortex; ce petit réseau qui possède son autonomie physiologique joue un rôle im¬portant dans la vitalité et l’activité de l’écorce et ses lésions ne sont décelables qu’au microscope; MARCHAND, après d’autres auteurs, en a bien souligné récemment l’intérêt. L’insuffisance irrigatoire qui en résulte déclenche par anoxhémie des phénomènes déficitaires globaux.

Des lésions névrogliques réactionnelles secondaires interviennent fréquemment.

L’ensemble de ces lésions, vues au microscope, a été décrit sous des noms divers: états aréolaire, fenestré, réticulé. A côté d’elles peuvent exister aussi des foyers plus importants de désintégration et de ramollissement («états vermoulus», «états lacunaires»).

Antoine ARAB, étudiant comparativement 151 cerveaux artério-scléreux et 146 cerveaux témoins, totalement exempts d’artério-sclérose cérébrale (tous ces sujets étaient âgés de 65 ans au moins), a trouvé des plaques séniles avec la même fréquence dans les deux séries ce qui exclut toute idée d’interférence des facteurs pathogènes. De cette statistique il conclut que l’artério-sclérose cérébrale ne prédispose pas particulièrement à l’apparition de plaques séniles (R. N., 1954, t. 91, 2e semestre, n° 1).

Élude clinique. - Ce qui domine dans l’histoire de l’artério-sclérose cérébrale, c’est l’intrication très fréquente de signes neurologiques et de troubles mentaux. On peut, avec MARCHAND, poser les principes suivants: les troubles démentiels dus à l’artério-sclérose sont d’autant plus nets et plus profonds que la lésion diffuse porte davantage sur les fines artérioles et les capillaires. Par contre, les syndromes neurologiques sont d’autant plus localisés et accusés qu’ils sont dus à des altérations portant sur les plus grosses artères cérébrales.

a) II y a souvent, dans l’artério-sclérose cérébrale, toute une série de petites manifestations prémonitoires, les  unes d’ordre général comme les céphalées, les vertiges, les autres plus spécialement d’ordre mental; ces dernières sont surtout de petites manifestations transitoires épisodiques que l’on met généralement sur le compte d’une ischémie passagère, d’une «claudication intermittente cérébrale»; elles consistent en perte subite de la mémoire ou de l’orientation; le sujet s’égare dans son propre appartement, ou bien on le trouve dans la rue, inconscient, et incapable de donner son nom et son adresse.

Ces éclipses soudaines, auxquelles LOGRE et DESHAIES avaient donné le nom de «psychoplégie», ont une durée variable de quelques heures à quelques jours; elles peuvent être suivies d’un retour à la normale et provoquent une certaine inquiétude chez un sujet surpris par cette alerte.

Des états confusionnels plus caractérisés, des étals seconds avec fugues peuvent aussi se rencontrer. REGIS avait décrit des accès d’onirisme artério-scléreux. Parfois, ce sont de brusques changements du caractère, de l’humeur ou du comportement qui surprennent l’entourage: irritabilité anormale, colères immotivées, turbulence nocturne, impudeur et érotisme contrastant avec la réserve habituelle. D’autres fois, le sujet prend simplement conscience de son impuissance cérébrale, de sa fatigabilité intellectuelle; il en souffre, s’en plaint et fait figure de neurasthénique. Mais l’état dépressif peut aller jusqu’à la véritable formule mélancolique avec sa surcharge anxieuse fréquente (Mme LEULIER-BARRAT); l’état affectif est, en effet, souvent fort troublé et s’extériorise sous forme d’une sensiblerie larmoyante.

On peut observer aussi des états d’agitation à type maniaque ou coléreux, soit sous forme continue, soit sous forme d’accès courts, mais rapprochés. Ces états dépressifs et d’agitation représentent un aspect du groupe des psychoses périodiques tardives.

b) Un ictus survenant chez un artério-scléreux,   même  indemne jusqu’alors de troubles psychiques, entraînera une perturbation mentale plus ou moins profonde; après récupération fonctionnelle plus ou moins complète, le sujet restera mentalement diminué.

Comme accidents neurologiques principaux, rappelons les paralysies (monoplégies ou hémiplégies) avec leurs signes pyramidaux, les atteintes d’aphasie sous leurs diverses formules, les apraxies, les agnosies, les syndromes sous-corticaux d’akinésie, de rigidité, les manifestations pseudobulbaires, etc. ; chacun de ces syndromes escorté de petits désordres mentaux: obnubilation confusionnelle passagère du début, puis état déficitaire plus pu moins marqué avec des caractères particuliers à chacun d’eux. Il faut y ajouter l’épilepsie avec sa possibilité d’équivalents mentaux.

c) Les manifestations prodromiques doivent donner l’alerte: si quelque accident plus grave (hémorragie, gros foyer de ramollissement) ne vient pas faire du sujet un gros infirme ou un grabataire, on assistera à un affaiblissement intellectuel lentement progressif aboutissant à ce qu’on a appelé la «démence artériopalhique».

Cette démence d’origine artérielle peut être camouflée dans sa période initiale par des syndromes divers, soit à prédominance régionale, soit par des états psychiques plus ou moins globaux (apparence mélancolique, irritabilité, troubles du caractère ou du comportement).

Diagnostic. - On a donné comme signe propre à cette démence le fait que le sujet garde longtemps une certaine lucidité et la conscience de son amoindrissement; que les troubles de la mémoire, en dehors des éclipses passagères, consistent en une difficulté d’évocation, une dysmnésie, plutôt que dans la ruine des connaissances acquises; que les phénomènes de fabulation si fréquents dans la presbyophrénie y sont rares.

Il faut surtout ne pas perdre de vue que l’artério-sclérose se cantonne rarement aux seuls vaisseaux cérébraux. De tels malades ont, le plus souvent, leur système cardio-rénal en mauvais état; ils sont soumis à des variations tensionnelles qui aggravent les désordres de l’irrigation cérébrale; l’insuffisance rénale n’est pas rare qui apporte, elle aussi, une surcharge autotoxique (hyperazotémie, rétention chlorurée) augmentant les possibilités d’obnubilation ou facilitant des œdèmes cérébraux. De là, la réalisation de complexes dans lesquels il est difficile de faire la discrimination exacte de ce qui revient aux perturbations des seuls vaisseaux cérébraux. C’est alors qu’un examen clinique attentif et complet et des tests humoraux sont de la plus grande utilité.

Quant au diagnostic de l’artério-sclérose cérébrale d’avec les autres processus organiques pouvant atteindre le cerveau à un certain âge, il est parfois malaisé. Les maladies de PICK, d’ALZHEiMER, sont d’apparition généralement plus précoce, mais surtout d’une évolution beaucoup plus rapide et plus régulière, sans ictus, avec un minimum de signes neurologiques si l’on en excepte l’aphasie, l’apraxie et les agnosies spéciales; la démence y est plus profonde (v. les mots «Pick», «Alzhelmer»).

La démence sénile pure sans artériopathie est plus profondément déficitaire, elle aussi, avec inconscience de la déchéance, confabulation fréquente (presbyophrénie), les deux formes du reste, artériopathiques et dégénératives cellulaires, peuvent s’associer.

La syphilis cérébrale, dont la fréquence a beaucoup diminué, a ses lésions et ses réactions humorales propres; on a pu voir coïncider une paralysie générale tardive avec de l’athéromasie cérébrale non spécifique.

Enfin, signalons que parfois une artériopathie cérébrale, accompagnée d’hypertension artérielle, a pu donner des signes d’hypertension crânienne : forme pseudotumorale (ALAJOUANINE, RISER).

Pour aider au diagnostic, l’augmentation du cholestérol sanguin sera un signe à retenir; l’électroencéphalographie décèle souvent des troubles particuliers de la vigilance. Les troubles visuels et une hémianopsie ne sont pas rares en raison de la prédominance fréquente de la zone occipitale.

Traitement. Médecine légale. - Le traitement de l’artério-sclérose cérébrale, une fois bien faite la mise au point de l’état cardio-rénal reste celui de l’artério-sclérose en général et de ses déterminations.

Des situations médico-légales délicates, créées par certaines amnésies, par des déficits intellectuels ou des troubles du comportement, peuvent surgir parfois. Elles seront résolues dans l’esprit qui préside à l’estimation de tous les états d’affaiblissement intellectuel (v. ce mot).

Ant. POROT.
 

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