Aveugles
Posted by psycho on Сентябрь 2nd, 2008
Aveugles
Pour apprécier l’état mental et l’adaptation sociale des aveugles, il faut distinguer ceux dont l’infirmité est congénitale ou de la première enfance et ceux dont l’infirmité s’est installée après l’âge scolaire.
1. Aveugles de naissance ou de la première enfance. - La cécité peut, ici, s’accompagner d’autres tares neuropsychiques, de gros retards intellectuels et même d’idiotie (idiotie amaurotique familiale de TAY-SACHS). Mais, très souvent, la cécité du jeune enfant est accidentelle et ne comporte pas de tare intellectuelle. On a noté toutefois qu’au point de vue scolaire, le petit aveugle marquait un retard pédagogique de deux ans, mais qu’il rattrape par la suite. Cette catégorie d’aveugles peut atteindre un certain degré de culture, grâce à leur méthode spéciale d’instruction (BRAILLE). Il y a intérêt à retirer précoce¬ment le jeune aveugle du milieu familial où l’on a tendance à le traiter en mineur et à le laisser dans une stagnation intellectuelle injustifiée. Les Institutions spéciales pour jeunes aveugles sont remarquable¬ment équipées aujourd’hui pour pousser très loin leur instruction technique dans l’ordre de la musique (organistes), ou en faire d’habiles artisans.
C. LAUNAY et Mme DETHIL (Groupement fr. d’Etudes de Neuro-psycho-pathologie infantile, 16 mai 1955) ont souligné l’intérêt des classes spécialisées pour les enfants atteints d’amblyopie (acuité visuelle de 1/10 à 3/10 après correction). Leur étude qui porte sur 50 enfants de 7 à 18 ans montre la difficulté d’interprétation des examens psychologiques. Nombre d’entre eux sont des débiles intellectuels ou des dyslexiques.
D’autres psychologues ont étudié leurs fonctions intellectuelles comparées à celles des voyants : pour Pierre HENRY, s’ils ont un vocabulaire aussi riche, c’est qu’ils sont atteints de verbalisme ; les mots n’ont pas, pour eux, la même valeur représentative; ils ne pensent pas comme les voyants.
Au point de vue du caractère, l’aveugle est généralement doux et réservé, délicat et d’un amour-propre très sensible.
II. Cécités ultérieures. - Elles sont généralement le fait d’un accident local, d’un traumatisme crânien, d’une maladie générale et souvent aussi d’une affection neurologique. Elles ne comporteront de désordres mentaux concomitants que dans la mesure où l’affection causale peut entraîner en même temps des désordres neuropsychiques (syphilis ou artério-sclérose cérébrale, tumeurs, etc.). Hormis ces cas, le sujet surpris dans la force de l’âge par la cécité pourra faire une réaction dépressive devant une infirmité qui le condamne à l’inaction et l’oblige à renoncer à son métier ou à sa profession. Il convient de le faire bénéficier de la rééducation des aveugles et de l’engager dans une nouvelle orientation professionnelle.
Ant. POROT.